De Wiki Mâcon Sud Bourgogne
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11 décembre 2019 à 13:12
Au Xe siècle (943-952), un deuxième édifice est cité dans une charte de Saint-Vincent de Mâcon : ''In pago Matiscensi… ecclesiam Sancti-Vicentii in Sologniaco villa''<ref>Rigault</ref>. A cette époque, l’évêque Maimbod inaugure une nouvelle église venant remplacer la précédente, détruite par une montée d’eau subite. Au XIIe siècle, un troisième édifice est vraisemblablement construit, de style roman, dont il reste aujourd’hui la travée de chœur (bien plus haute que d’ordinaire dans les édifices romans) et l’abside<ref>Il se pourrait également que certaines parties de la nef romane aient été conservées.</ref>. Le clocher est quant à lui construit un peu après au cours du même siècle, à un emplacement assez inhabituel : il flanque la travée de chœur au sud.
Cette configuration architecturale est inédite dans la région, et semble être une persistance carolingienne<ref> Alain Guerreau</ref>. A cette époque, il était usuel de trouver des transepts massifs et affirmés, flanqués de deux tours l’une en face de l’autre, semblables à de larges tours de guet. On retrouve notamment cette persistance carolingienne dans l’église l’[https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Pierre_de_Champagne église Saint-Pierre à Champagne (Ardèche) ] et dans l’église l’[https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Theud%C3%A8re_de_Saint-Chef église Saint-Theudère à Saint-Chef (Isère)]. Pour ces deux exemples, le transept est haut et massif, flanqué de deux larges tours. Ce sont par ailleurs des édifices majeurs : église-forteresse pour Champagne, et église abbatiale pour Saint-Chef. Leur construction a donc été influencée par les luttes de pouvoir entre les autorités locales.
Or, on sait que le territoire de Sologny était très disputé. La logique voudrait donc que la construction d’un édifice cultuel ait été l’occasion de la réaffirmation de l’autorité et du pouvoir des évêques sur la région. L’architecture choisie serait donc plus imposante qu’humble. On peut alors imaginer que pour la reconstruction du XIIe siècle, on ait envisagé de reprendre à l’identique le plan de l’édifice précédent, de type carolingien, mais que pour une raison inconnue (manque de moyens, volonté ecclésiastique…) le projet n’ait pas été terminé ou ait été simplifié. Le massif architectural que l’on voit aujourd’hui encore au-dessus de la travée de chœur serait donc l’espace devant à l’origine relier les deux tours. Cette théorie expliquerait la position du clocher, mais également son profil barlong massif de tour de guet, alors que les églises romanes de la région ont pour la plupart des clochers carrés plus modestes.